





Votre formation vous a menée directement à écrire des biographies?
Non, j'ai vécu une rupture de carrière. Ce qui me permet de parler de ma vie professionnelle en deux périodes bien distinctes. J'ai travaillé près de quinze ans dans une banque; vous l'aurez deviné, c'était la première partie! J'ai arrêté délibérément pour devenir biographe; cette profession est pour moi le métier que je devais faire... C'est probablement le plus beau!
Concrètement?
On fait appel à moi, nous convenons d'un premier entretien. Tous les renseignements
administratifs utiles à mes recherches sont donnés par mail ou par téléphone, je
recueille chaque information et lors de la première rencontre, je pose les dernières
questions. Les entretiens varient entre une et trois heures. Chaque interview est
enregistrée sur un dictaphone. Pour une heure de récit oral, je compte le double
de ce temps pour réaliser la transcription. J'envoie l'écrit réalisé, la personne
me le rend au rendez-
Qui s'adresse à vous?
J'ai réalisé des récits de couple, professionnels, des témoignages, des histoires simples relatant l'évolution du quotidien entre 1930 et les années 2000, etc. J'ai déterminé et j'applique ce que je nomme la règle d'or, en ceci: je m'interdis de parler de moi! L'interview est cadrée et centrée sur la personne qui se confie à moi. J'accorde toujours un peu de temps pour parler de choses et d'autres après, cela permet à chacun de décompresser... J'avoue que je suis souvent plus fatiguée que le narrateur! Je dois suivre la chronologie des événements, la concordance des dates, poser les bonnes questions et au bon moment pour approfondir ou faire avancer le récit, etc.
Mais alors quelles sont les qualités d'un bon ou d'une bonne biographe?
Pendant seize ans, j'ai évolué et occupé des postes variés, tous m'ont apporté au
moins un enseignement. Ces diverses expériences de commerciale, de gestionnaire ou
de manager m'ont inculqué l'empathie, l'écoute, la ponctualité, l'esprit de structure,
la gestion du temps. D'autres qualités sont indispensables, mais toutes ne s'apprennent
pas(!): la patience, le goût à l'effort, une bonne mémoire, la courtoisie, un bon
relationnel. Bonus, une prédisposition à l'écriture. De nature très timide, j'ai
franchi un obstacle très difficile pour moi: oser être lue! Aimer écrire pour les
gens est une chose, soumettre ses écrits au narrateur en est une autre... Au moment
de remettre ma copie, je suis envahie par une terrible question: est-
Quel était votre état d'esprit en lançant Lis ma vie?
J'avais 37 ans quand cette idée a germé dans mon esprit. Avec Lis ma vie, j'ai fait bien plus que créer une société, j'ai choisi mon chemin de vie, j'ai osé vivre ma vraie vie! 2008 est l'année de mes 40 ans, j'entame une véritable révolution intérieure qui transparaît tout naturellement dans mon comportement, je me réalise par ce métier de biographe; c'est le plus beau cadeau d'anniversaire que j'étais la seule à pouvoir m'offrir!
Chantal Rosar